Charme munga dukna
Île Nendö, îles Santa Cruz, Para-Polynésie, Mélanésie
Bois, perles de troques européennes, fibres et coquillage
H. 9 cm
Provenance : collecté sur la côte septentrionale de l’île de Nendö dans les années 1920 par le révérend West membre de la Melanesian Mission ; Capitaine Fred Louis Jones, marchand aux Santa Cruz ; collection Harry Geoffrey Beasley (1881-1939), Cranmore Ethnographical Museum, Royaume-Uni; Galerie J. J. Klejman, New York, U.S.A. ; collection de Martin Wright et Faith-Dorian Wright, New York, U.S.A.
Publication : Davenport, W.H., Santa Cruz Island Figure Sculpture and Social and Ritual Contexts, Philadelphia, University of Pennsylvania Museum of Archeology and Anthropology, 2005, pp. 208-209, pl.50
Cette représentation est appelée munga dukna, ce qui se traduit par « image d’un être surnaturel ». La statuaire des îles Santa Cruz se limite à une soixantaine d’objets connus. Les plus petites de ces sculptures mesurant de 9 cm à 14 cm sont considérées comme des figurines transportables. Elles sont utilisées dans des situations dangereuses : la pêche au requin, la chasse aux oiseaux ou encore à l’occasion d’échanges avec des communautés hostiles. Enveloppées de mystère, ces figurines auraient été sculptées par les petits êtres Leimuba pour en faire cadeau aux humains. Les histoires racontent qu’ils vivent dans des communautés isolées au fond de la forêt, là où les humains ne s’aventurent que rarement. Ils ne peuvent pas être invoqués par la prière et apparaissent aux hommes pour leur accorder des présents comme le charme présenté ici. L’impressionnante coiffe conique qui s’étire dans le dos de la figurine se distingue nettement. Appelé aba, elle est faite d’écorce ou de fibres de noix de coco. Elle n’est arborée que par les hommes âgés lors des danses et toujours portée par les hommes riches ou ayant un statut social élevé. Cet élément est typique dans les représentations des ancêtres de cette région. On observe sur les côtés de la coiffe des perforations qui servaient à attacher divers pendeloques. Le nez en forme de larme est perforé au niveau du septum. Un petit coquillage est attaché à l’aide de fibres à la cheville droite de l’effigie. D’anciennes perles de troques européennes ligaturées par une fine fibre ornent délicatement les chevilles, les poignets, la taille et le cou de la figurine. Ce type de perle était très apprécié par les insulaires lors de leur apparition vers la fin du XIXème siècle.