Chambranle de porte de case jövö ou talé
Population Kanak, Nouvelle-Calédonie, Mélanésie
Bois de houp (Montrouziera sp.) et pigments
H. 118 cm
Ce type de sculpture était installé de chaque côté de l’entrée des maisons rondes et faisait office de chambranle. Ces sculptures sont enfoncées dans le sol et fixées en leur sommet par des lianes à une poutre horizontale elle-même fixée à la base de la toiture. Ces appliques monumentales sont réalisées dans le tronc du bois de houp. Une partie de l’arbre étant imputrescible, les sculpteurs choisissaient des pièces de bois particulièrement solides et ayant une haute valeur symbolique, afin de réaliser ces chambranles. La forme concave de la sculpture suit la courbe du tronc qui permet d’appliquer la sculpture sur le poteau de la porte. Le dos du chambranle est gratté à l’herminette pour supprimer la couche superficielle alors que la face extérieure est remarquablement sculptée en bas-relief. Les chambranles symbolisent le père et la mère et sont les gardiens protecteurs de l’habitation. Ils sont liés à la demeure du propriétaire pour qui ils ont été sculptés. Ces éléments architecturaux sont frappés par les deuilleurs lors des cérémonies funéraires leur infligeant au corps et au nez d’imposantes blessures. On observe sur cet exemple les traces de ces mutilations rituelles. Ce chambranle a été tronqué d’une portion de sa partie basse suite aux coups portés par les deuilleurs. Les décors géométriques qui occupent les deux tiers inférieurs du chambranle, décrits comme éléments de faune et de flore, semblent ici représenter les entrelacements sophistiqués des ligatures qui enveloppent le corps du défunt. Après les cérémonies funéraires les chambranles peuvent être réutilisés comme seuil de case ou couvercle de sarcophage.